Pâques, toute une histoire… gourmande!

Les enfants l’attendaient avec impatience (et les adultes aussi, il faut bien le reconnaître). Pâques est enfin là, annonçant une chasse aux œufs prolifique suivie d’une orgie de chocolat, le délicieux plat d’agneau partagé en famille…

Mais, pourquoi offre-t-on des œufs, du chocolat et que viennent faire cloches et lapins dans l’histoire de Pâques?

Une fête religieuse mêlée aux traditions païennes

Dans la religion juive, Pessa’h, la Pâque juive, commémore l’exode des Hébreux hors d’Égypte, emmenés par Moïse. Lors de leur premier repas d’hommes libres, ils ont sacrifié un agneau, animal sacré en Égypte. Cette viande est depuis consommée par les Juifs à l’occasion de Pessa’h. L’agneau et la brebis représentent la pureté, l’innocence et la justice. 

Pour les chrétiens, Pâques est également un des événements principaux du calendrier, symbolique de la vie après la mort. Ce jour-là, ils célèbrent la résurrection du Christ, après sa crucifixion, le vendredi saint. 

Pâques met également fin à la période de carême, qui dure quarante jours.

On retrouve également Pâques dans les traditions païennes : c’est une période de renouveau, avec l’arrivée du printemps.

L’origine des œufs

En chocolat, en sucre, peints ou encore cuits : l’œuf est le symbole de la fête de Pâques. Chez les Égyptiens, les Perses et les Romains notamment, l’œuf est un symbole de vie, que l’on s’offrait au printemps. Plus largement, poules et poussins ont également revêtu la même symbolique.

Au Moyen-Âge, il était interdit de manger des œufs pendant le carême. Or les poules de la maison ne s’arrêtaient pas pour autant de pondre ! De là vient la tradition de s’offrir des œufs décorés, avec le surplus. Une tradition qui est encore très présente dans certains pays, comme en Allemagne. Et qui explique également la forme d’œuf que prennent les chocolats.

Les brioches du vendredi saint…

Dans plusieurs pays du monde, on confectionne et partage les brioches de Pâques, appelées « Hot cross bun » et marquées d’une croix dans les pays anglo-saxons, garnies de fruits confits et d’épices. En Italie, c’est la « Colomba di Pasqua », qui est une brioche aux fruits confits recouverte d’un glaçage croquant fait d’amandes et de noisettes. La colombe (ou Colomba) chasse l’hiver et annonce les petits bonheurs qui accompagnent le printemps.

Autrefois, les gens mangeaient ces brioches parce qu’ils croyaient qu’elles leur apporteraient la santé tout au long de l’année.

Pourquoi les cloches et les lapins ?

Depuis plusieurs siècles, il est interdit de sonner les cloches des églises catholiques entre le Jeudi saint et le dimanche de Pâques, en signe de deuil. Une tradition que l’on retrouve notamment en France, en Belgique ou en Italie.

On a alors raconté aux enfants que les cloches allaient se faire bénir par le Pape à Rome. En rentrant, elles viennent carillonner et déposent au passage dans les jardins les fameux œufs en chocolat tant attendus par les enfants.

En Allemagne et dans l’est de la France, c’est un lapin, aux États-Unis un lièvre… On trouve aussi des coucou, des cigognes ou des cochons, symboles de prospérité.

Le lapin vient d’une tradition païenne germanique : il était l’emblème de la déesse Ost Ara, symbole de fertilité et du printemps.

Et le chocolat dans tout ça ?

Aujourd’hui, nos petites têtes blondes ne reçoivent plus d’œufs pour Pâques : ils ont été remplacés par du chocolat. La transition s’est faite progressivement. Les sucreries étant interdites pendant la période du carême, Pâques marque la fin de la restriction. D’où les cadeaux ramenés par les cloches.

On ignore la date exacte à laquelle l’on a eu l’idée de percer les œufs d’un côté, pour les vider et les remplir de chocolat. Sans doute au XVIIIe siècle, mais c’est au XIXe siècle que l’on commence à voir apparaître les œufs tout en chocolat, notamment, à partir des années 1830, grâce au développement des techniques de travail de la pâte de cacao et surtout grâce à l’apparition et à la diversification des moules, qui permettent d’obtenir des formes en chocolat de plus en plus variées.

D’où vient cette tradition de poissons, crevettes et coquillages en chocolat, appelés « friture » ?

C’est une référence à la pêche miraculeuse que firent, dans le lac de Tibériade, quelques disciples de Jésus après sa résurrection. Revenus bredouilles d’une pêche, ils ramenèrent plus tard des filets pleins de poissons après que Jésus leur ait indiqué le bon endroit pour lancer leurs filets, récit narré dans l’Évangile selon Saint-Jean.

Parions que les cloches seront généreuses cette année encore…

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